C'est ce que met en évidence une étude anglo-saxonne. Et c'est une première. La maladie serait d'ordre neurologique et non comportemental.

Les parents des enfants hyperactifs ne sont pas à blâmer pour avoir échoué dans l'éducation de leurs enfants. Des chercheurs viennent en effet d'identifier des causes génétiques à cette maladie, qui serait un syndrome d'origine neurologique - et non psychologique.  

L'hyperactivité, aussi appelée "trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité" (ADHD), est surtout connue pour rendre les enfants qui en sont atteints "hors de contrôle". Mais aussi pour la controverse qui fait rage autour de la ritaline, médicament de la famille des amphétamines, largement utilisé -parfois à tort - aux Etats-Unis. On a également souvent pointé du doigt les parents, accusés de manquer d'autorité, ou de donner trop de bonbons à leurs enfants.  

Une maladie neurologique

L'étude, publiée dans la revue scientifique The Lancet, pourrait faire changer le regard que l'on porte sur l'hyperactivité. Les chercheurs viennent pour la première fois de montrer des modifications génétiques chez les enfants atteints d'hyperactivité. Et les marqueurs ADN découverts interviennent dans la même aire cérébrale que celle impliquée dans la schizophrénie et l'autisme. Ce qui signifie, selon les auteurs, que l'hyperactivité est une maladie d'origine neurologique, et non comportementale.  

"Nous espérons que ces découvertes aideront à vaincre la stigmatisation associée à l'hyperactivité", explique l'un des auteurs de l'étude. "On attribue trop souvent l'hyperactivité à une mauvaise éducation ou à l'alimentation. En tant que clinicienne, il était clair pour moi que c'était peu probable. Maintenant nous pouvons dire avec certitude que l'ADHD est une maladie génétique et que le cerveau des enfants atteints se développe différemment de celui des autres enfants".  

L'hérédité avait déjà été évoquée comme facteur déterminant dans l'apparition de cette maladie, qui toucherait 1 à 10% des enfants en âge scolaire. Mais le lien génétique n'avait jamais été mis en évidence.  

Les auteurs n'écartent toutefois pas totalement l'aspect environnemental. "L'hyperactivité est un trouble très complexe, dans lequel interviennent de nombreuses causes différentes. De multiples facteurs génétiques différents doivent être impliqués en même temps que d'autres, non génétiques", analyse le Dr Kate Langley, qui a également participé à cette étude

 source : http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/l-hyperactivite-serait-une-maladie-genetique_923908.html