TDAH ET ADDITIF / COLORANTS ALIMENTAIRE

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Des études ont remis en cause l’innocuité de certains de ces additifs, en relation notamment avec le syndrome de troubles dé citaires de l’attention/hyperactivité (TDA/H).

Certains additifs avaient été interdits dès la n du XIXème siècle (plusieurs colorants, agents conservateurs, édulcorants). A partir des années 1950, l’évolution du droit des consommateurs aboutit progressivement à un régime d’autorisations

Au début du XXème siècle, l’intention exprimée par l’industrie alimentaire américaine de recourir à des additifs, les ben- zoates notamment, dans certaines préparations (ketchup p. ex.) se heurta à une farouche opposition de Harvey Wiley, Chief of Chemistry du Département de l’Agriculture des USA, et initiateur de la première loi (1906) sur la qualité des aliments et médicaments aux Etats-Unis (ancêtre de la loi créant la FDA quelques décennies plus tard).

Finalement, après des années d’un vigoureux combat, Wiley perdit la partie, malgré le soutien de la profession médicale, et les benzoates furent autorisés aux USA en 1909. Dans les décennies qui suivirent, ces autorisations se généralisèrent, sur la base d’études de toxicité expérimentale chez l’animal vers le milieu du siècle dernier, et une Dose Journalière Admissible (DJA*) fut xée (5 mg/kg/jour pour la somme des benzoates). Cette DJA a été confirmée par l’EFSA il y a peu d’années, mais la controverse sur leur toxicité n’est sans doute pas terminée. Des considérations analogues s’appliquent aux parabènes (E214–E219), proches parents chimiques des benzoates, utilisés rarement comme agents conservateurs dans les aliments, mais surtout dans les cosmétiques et certaines solutions médicamenteuses (une faible activité oestrogénique les fait par ailleurs classer parmi les perturbateurs endocriniens).

La DJA, exprimée en mg/kg de poids corporel et par jour, correspond à la dose d’un additif ou conta- minant alimentaire auquel un être humain peut être exposé sa vie durant sans effet notable sur sa santé. Elle est obtenue par extrapolation sur la base d’études animales, et inclut un facteur de sécurité supplémentaire, souvent de 100.

Les études toxicologiques animales sur les benzoates n’ont pas mis en évidence de cible spécifique de toxicité. Après ingestion, ils sont rapidement absorbés, biotransformés et excrétés par le rein. Cliniquement, des manifestations de type allergique ont été rapportées à plusieurs reprises dans la littérature médicale,

Malgré la formalisation et l’exigence, depuis une cinquantaine d’années, de procédures d’autorisation des additifs ali- mentaires basées notamment sur des études de toxicité, l’innocuité de ces produits a régulièrement été remise en doute. L’un des critiques les plus connus dans ce domaine fut Benjamin Feingold, un pédiatre allergologue californien qui, dès les années 1960, affirma la nocivité d’additifs alimentaires tels que colorants, arômes et certains agents de conservation, capables selon lui d’entraîner nombre d’effets indésirables, dont des manifestations de TDA/H.

 En 2007, une étude randomisée, contrôlée par placebo, en double-aveugle a été effectuée, à la requête de la Food Standards Agency britannique, chez quelque 300 enfants de 3 ou 8/9 ans par un groupe de chercheurs de l’Hôpital universitaire de Southampton . Les auteurs concluent que l’administration orale de mélanges de colorants alimentaires (6 au total) et de benzoates induit des manifestations d’hyperactivité, des effets statistiquement signicatifs mais relativement faibles et marqués par une forte variabilité interindividuelle. Dans une étude ultérieure), ces mêmes cher- cheurs évoquent l’importance des facteurs génétiques dans les manifestations de TDA/H, soulignent le rôle possible d’un polymorphisme génétique dans les effets cérébraux de l’histamine (dont la libération serait induite par des colorants alimentaires). Ils suggèrent que les variations interindividuelles et les contradictions dans les résultats sur les effets des additifs alimentaires pourraient bien être liées à des facteurs génétiques de susceptibilité individuelle.

(Les colorants concernés, utilisés dans l’étude de Southampton sont les suivants: E110 (Jaune orangé, Sunset Yellow), E104 (Jaune de quinoléine), E122 (Carmoisine/Azorubine ), E129 (Rouge Allura), E102 (Tartrazine), E124 (Ponceau 4R). )

A la suite de la publication de l’étude de Southampton de 2007, plusieurs autorités nationales ou internationales ont pris position sur la question d’une éventuelle adaptation des réglementations sur les colorants alimentaires qui prenne en compte les effets décrits sur le syndrome TDA/H.

 L’UE avait déjà décidé au début de ce siècle de réévaluer l’ensemble des additifs alimentaires, y compris les colorants. La publication de 2007 a néanmoins induit les autorités européennes à demander à l’EFSA de réévaluer en priorité les colorants utilisés dans cette étude, et à adopter un règlement (CE 1333/2008) qui exige (Art. 24) dès le 20 juillet 2010 un étiquetage des denrées alimentaires comportant la mention: «Le(s) colorant(s) [X, ...] peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez les enfants».

D’autre part l’EFSA a réévalué en 2009 les 6 colorants concernés, selon une approche toxicologique classique prenant en compte les données anciennes et nouvelles, et révisant le cas échéant la DJA établie antérieurement. En définitive, l’EFSA a réduit la DJA pour 3 des colorants revus (E104, E110, E124), et a confirmé les 3 autres DJA existantes.

L’EFSA a publié en 2008 son évaluation détaillée de cette dernière étude). L’Agence conclut que les résultats de cette publication ne peuvent constituer une base pour justi er une modi cation des DJA des colorants concernés

La FDA en tant que telle, en réponse à une pétition («Citizen petition» du Center for Science in the Public Interest. ), avait déjà pris position sur l’étude de Southampton, concluant que cette étude ne permettait pas d’établir un lien causal entre l’exposition à des colorants alimentaires et le syndrome TDA/H chez des enfants dans la population générale. Cependant, pour certains enfants souffrant déjà de TDA/H ou de troubles comportementaux, les données de l’étude, selon la FDA, suggèrent la possibilité d’une aggravation par des composants de l’alimentation, incluant les colorants de synthèse mais non limités à ceux-ci.

Aux etats unis la FDA = Food Advisory Committee

= en EU : ’Agence européenne de sécurité des aliments`

 Donc ,de nombreuses études ont tenté de confirmer ou d’infirmer les affirmations de B. Feinglod d’il y a quelque 50 ans, selon lesquelles un lien causal existe entre exposition à des additifs alimentaires de synthèse et le syndrome TDA/H. Si certaines études récentes sont compatibles avec cette hypothèse, leur poids scientifique n’est pas suffisant pour convaincre qu’un tel risque menace l’ensemble de la population, enfantine en particulier.

Ceci etant dit , et tout en restant prudents :  en 2012  des chercheurs ont montré que la supplémentation en acide gras essentiels générait de faibles , mais néanmoins significatives réductions des symptomes du TDAh . De même ont ils ratifiés le fait d'exclure totalement les colorants artificiels permettait des effets importants ... tout au moins pour les personnes ayant des sensibilités alimentaire .
Cependant leurs conclusions semblent fondamentales , nous ne sommes pas à même de determiner les interdits ou régimes alimentaires pouvant effectivement être considérés comme participant au traitement des symptomes principaux du TDAh . 
Autrement dit , une piste qui reste ouverte et à developper ! `

La possibilité que certains individus présentent une sensibilité particulière à des additifs alimentaires résultant de caractéristiques génétiques propres (polymorphismes génétiques), suggérée depuis plusieurs années déjà, constitue une piste de recherche intéressante sur ce sujet. En attendant de plus amples informations, ces éléments pourraient déjà justifier une tentative d’éviction des colorants alimentaires chez des enfants présentant un syndrome TDA/H.


SOURCES

> http://swiss-paediatrics.org/sites/default/files/paediatrica/vol22/n5/pdf/12-15.pdf

> http://www.fda.gov/AdvisoryCom- mittees/CommitteesMeetingMaterials/FoodAdvi- soryCommittee/ucm149740.htm.

> Etude southampton : McCann D et al. Food additives and hyperactive behaviour in 3-year-old and 8/9-year-old chil- dren in the community: a randomised, double- blinded, placebo-controlled trial. Lancet 2007. 370 (9598): 1560–7.

Les colorants concernés, utilisés dans l’étude de Southampton sont les suivants: E110 (Jaune oran- gé, Sunset Yellow), E104 (Jaune de quinoléine), E122 (Carmoisine/Azorubine ), E129 (Rouge Allura), E102 (Tartrazine), E124 (Ponceau 4R).

> ETUDE COMPLEMENTAIRE A SOUTHAMPTON : Stevenson J et al. The role of histamine degrada- tion gene polymorphisms in moderating the ef- fects of food additives on children’s ADHD symptoms. The American journal of psychiatry 2010. 167 (9): 1108–15.

> ETUDE EFSA : Aguilar F, A.H., Barlow S, Castle L, Crebelli R, Dekant W, Engel KH, Gontard N, Gott D, Grilli S, Gürtler R, Larsen JC, Leclercq C, Leblanc JC, Malcata FX, Mennes W, Milana MR, Pratt I, Rietjens I, Tobback P, Toldrá F. Assessment of the results of the study by McCann et al. (2007) on the effect of some colours and sodium benzoate on children’s behaviour. The EFSA Journal 2008 (660): 1–54.

> Colorants alimentaires et hyperactivité, 2010, Of ce Fédéral de la Santé Publique.

> ETUDE 2012 : http://p4.storage.canalblog.com/48/05/1083274/110869044.pdf