ça fait quelques temps que papotant de ci de là avec des personnes confrontées directement ou indirectement au trouble TDA(h) , j'entends régulierement revenir les termes Biofeedback et Neurofeedback ...

Ma curiosité m'a poussée à quelques recherches sur le sujet , dont voilà un résumé , chaque lien aytant son importance , surtout la thèses fin de billet , hyper interessante !

disons que je trouve perso que tout ça ouvre de bien belles et nouvelles perspectives pour nous !

 

Neurofeedback can resolve Neurophysical Disorders

 

http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/sherbrooke/archives/2013/03/20130314-180512.html#.Ud8n0BSvWnQ.facebook

 

• Le neurofeedback ou EEG biofeedback permet au patient de voir, en temps réel, une
représentation visuelle de son activité cérébrale.
 
• Après avoir été très controversée, cette méthode semble, selon de récentes méta-
analyses, montrer une efficacité sur l'amélioration des symptômes impulsivité,
inattention et hyperactivité.
 
• Cette méthode ne peut être envisagée isolément comme traitement du TDAH mais
comme une aide dans la prise en charge combinée telle quʼelle est actuellement
recommandée associant traitement pharmacologique, thérapies et guidance parentale.
 
• Lors de lʼintervention thérapeutique, la spécificité de lʼeffet neurophysiologique du
neurofeedback n'a pas encore été prouvée .
 

Le cerveau humain: à la fois complexe et fascinant. Pour certains, son activité cérébrale est désorganisée; c'est le cas entre autres pour les gens atteints de déficit de l'attention, de troubles anxieux et d'apprentissage. Il existe au Québec le neurofeedback, un entraînement du cerveau, qui fait ses preuves, petit à petit...

le neurofeedback, cet entraînement du cerveau. «C'est comme si on posait un stéthoscope sur le cœur pour entendre, mais là, c'est pour voir ce qui se passe, explique Sylvain Boucher, neuropsychologue à Granby. Une fois que vous voyez ce qu'il se passe, vous êtes capable, par entraînement, de le modifier, c'est ce qu'on appelle du conditionnement.»
 
 

Pourcentage de praticiens rapportant une amélioration d'au moins 40% des symptômes chez leurs patients, concernant le Trouble du Déficit d'Attention avec ou sans Hyperactivité :

27,7 % au bout de 10 séances.
83,7% au-delà de 20 séances.

Résultats d'une étude indépendante effectuée à l'Université de Victoria (Canada) par Charlène Zietsma, Ph. D, en décembre 2008. Etude réalisée auprès de plusieurs centaines de praticiens utilisant le logiciel NeurOptimal™ , totalisant 1,2 millions d'heures de séances de neurofeedback.
La valeur de 40% d'amélioration est retenue comme étant ce que l'on peut espérer de mieux grâce à la plupart des médicaments, pour la plupart des symptômes évalués dans l'étude. C'est aussi un niveau d'amélioration suffisamment satisfaisant pour justifier d'entreprendre une série de séances de neurofeedback.  

PubMed est le principal moteur de recherche des publications scientifiques de biologie et de médecine. Concernant le neurofeedback, les conclusions des études publiées sont souvent prudentes par principe, un peu dépassées (cf. date de l'étude), et bien en deçà de ce qui est observé aujourd'hui sur le terrain. La technologie mise en œuvre chez les praticiens est en effet bien plus avancée que celle utilisée pour les études scientifiques de validation qui s'appuient sur des protocoles de neurofeedback déjà bien connus, donc anciens. Dans le domaine du neurofeedback, c'est la technologie qui "tire" la science officielle en avant, et non pas l'inverse.

 

Les sociétés qui développent les équipements de neurofeedback n'ont pas les moyens financiers des laboratoires qui produisent les médicaments, et elles ne peuvent financer ces études officielles, ce qui explique leur nombre restreint. Pour le développement et l'amélioration constante des équipements de neurofeedback, ces sociétés s'appuient plutôt sur leurs recherches internes et sur les résultats cliniques rapportés par les praticiens.

 

UNE ETUDE FRANCAISE

Le neurofeedback a fait en 2006-2008 l'objet d'une étude pour le traitement du Trouble du Déficit de l'Attention et Hyperactivité (TDAH) au Laboratoire de Neurosciences Fonctionnelles et Pathologies du CHU d'Amiens (UMR 8160, unité du CNRS). Cette étude compare les effets du neurofeedback réalisé avec le logiciel NeuroCARE® (aujourd'hui rebaptisé NeurOptimal) et ceux de la Ritaline sur des enfants atteints de ce trouble. Elle a fait l'objet d'une publication scientifique (en anglais) consultable ici.

 

Quelques clés pour bien comprendre cette étude :

 

1) L'étude cherche à savoir pour le traitement du TDAH  a) si le neurofeedback a des effets positifs et  b) si ces effets sont équivalents à ceux de la Ritaline.

 

2) Pour cela, on traite un groupe d'enfants par le neurofeedback (groupe NFT) et un autre par la Ritaline (Groupe MPH=Méthylphénidate).

 

3) Un troisième groupe d'enfants "normaux" (non TDAH) sert de référence (Groupe Contrôle). Ce groupe permet de voir entre autre s'il est possible d'améliorer ses résultats à un test d'évaluation sans suivre aucun des 2 traitements, par apprentissage spontané au cours du premier test, auquel cas le test en question n'est pas très probant pour évaluer l'efficacité des traitements.

 

4) Pour évaluer les effets des traitements, on utilise des tests de comportement ("behavioral"), des tests neuropsychologiques ("neuropsychological"), et des tests pratiques ("experimental").

 

5) On regarde si les résultats des tests après traitement ("post-test") sont meilleurs que les résultats des tests avant traitement ("pre-test") en moyenne pour tous les enfants du groupe.

 

6) On mesure l'importance d'un effet obtenu (ES="Effect size") et sa signification statistique ("significant" si probabilité p<0,05 soit moins de 1 chance sur 20 [5%] que l'effet observé soit dû au hasard).

 

7) On compare les résultats des tests des groupes neurofeedback et Ritaline entre eux, avant et après traitement. Si un groupe obtient de meilleurs résultats qu'un autre après traitement (post-test), il faut notamment examiner si les deux groupes partaient bien sur la même ligne de départ c'est-à-dire s'ils avaient des résultats similaires au pre-test.

 

8) On peut aussi comparer les résultats post-test des groupes neurofeedback et Ritaline avec le groupe contrôle pour voir si les enfants sont devenus "normaux" suite au traitement. Ainsi que les résultats pre-test pour voir si selon un certain test, les enfants TDAH étaient déjà "normaux" avant traitement, auquel cas ce test n'est sans doute pas adapté à l'évaluation du TDAH.

 

9) Les résultats ne sont pas simples à analyser du fait de la multitude des tests utilisés. Concernant les effets positifs du neurofeedback, l'étude conclue que les résultats démontrent que le neurofeedback peut améliorer significativement plusieurs fonctions comportementales et cognitives chez les enfants TDAH. Concernant l'équivalence entre le neurofeedback et la Ritaline, l'étude conclue que ces traitements ne sont pas équivalents et que les effets obtenus par la Ritaline sont supérieurs mais que la différence n'est pas statistiquement significative.

 

Quelques remarques :

 

Cette étude est la première étude qui ait été réalisée en France pour évaluer les effets du neurofeedback. Elle représente un important travail de recherche. Mais on peut penser qu'elle aurait pu aboutir à une conclusion plus en faveur du neurofeedback que de la Ritaline pour le traitement du TDAH si une approche différente avait été utilisée.

 

1) La version du logiciel NeurOptimal (anciennement NeuroCARE®) utilisée pour cette étude date de 2005 et est maintenant très ancienne par rapport à la version actuelle qui a été largement optimisée et automatisée depuis. En outre cette version a été mise en œuvre en ne travaillant que sur la bande thêta et sur la bande béta au lieu des 8 bandes utilisées habituellement avec ce logiciel, avec réglage manuel du seuil maximum pour thêta (bande de fréquence inhibée = "inhibit") et du seuil minimum pour béta (bande de fréquence augmentée = "augment"). Ce faisant les auteurs de l'étude souhaitaient mettre en œuvre l'approche du neurofeedback traditionnel et le principe du conditionnement opérant. Ils n'ont donc pas utilisé le logiciel NeurOptimal au maximum de son potentiel. (Notons que le feedback étant fourni par des interruptions sonores et visuelles du film, les auteurs n'ont pas pu éviter le déclenchement de la réponse d'orientation après détection d'une turbulence, principe sur lequel s'appuie le neurofeedback NeurOptimal et qui n'est pas du conditionnement opérant.)

 

2) Les enfants TDAH ont reçu 24 séances de neurofeedback. Ce nombre de séance est adapté pour des séances effectuées avec le logiciel NeurOptimal. En neurofeedback plus traditionnel, à la façon dont a été utilisé NeuroCARE® avec tous les automatismes débrayés, le nombre de séances habituel pour le TDAH est d'environ 40. L'expérience acquise par les praticiens permet de penser qu'avec 40 séances au lieu de 24, ou sans débrayer les automatismes de NeurOptimal, les effets obtenus auraient été aussi importants qu'avec la Ritaline et que ces deux traitements auraient pu être considérés comme équivalents.

 

3) L'étude n'évalue pas la présence possible de contraintes externes habituellement connues pour freiner les effets du neurofeedback. Concernant des enfants TDAH, on pourrait notamment recenser certains problèmes organiques (thyroïde, asthme, apnée du sommeil...), la prise de certains médicaments (benzodiazépines...) ou de cannabis, une alimentation déséquilibrée (sucre...), un contexte psychologique particulièrement difficile, et le nombre d'heures quotidiennes passées devant la télévision, tous ces points étant connus pour pouvoir diminuer l'efficacité des séances.

 

4) L'étude n'évalue pas les effets à long terme du traitement. Or on sait que les effets du neurofeedback perdurent au-delà des séances, contrairement à ceux de la Ritaline qui cessent à l'arrêt du traitement.

 

5) La Ritaline a des effets secondaires, pas le neurofeedback NeurOptimal.

 

Pour conclure, notons que les effets spécifiques du neurofeedback ne sont pas évalués dans cette étude (même s'ils l'ont été dans d'autres études présentées ci-dessous - n° 2, 6, 19, 21, 22, 27, 28, 30, 32 et 34). On ne peut exclure ici a priori que les effets obtenus par le neurofeedback soient dus à un effet placebo lié par exemple au soin apporté à l'enfant par le praticien, à l'aspect enthousiasmant de cette technologie pour le praticien, l'enfant et ses parents, etc. Seule une étude en double aveugle permettrait d'évacuer totalement cette possibilité. Le logiciel NeurOptimal est le seul qui permette aujourd'hui de conduire de façon simple une étude en double aveugle sur le neurofeedback*. Du fait de l'automatisation complète des séances, il est en effet possible avec ce logiciel de réaliser simplement des séances de neurofeedback réel ou simulé à l'insu du patient et du praticien et de comparer les résultats selon le type de séance donné.

 

* En janvier 2012, Geneviève Moreau a soutenu à l'Université du Québec à Montréal une thèse présentant les "Effets du neurofeedback sur le fonctionnement intellectuel et les comportements d'enfants présentant un TDAH" (http://www.archipel.uqam.ca/4456/ ) . Cette étude remarquable a été conduite en double aveugle grâce à un protocole subtil et complexe à mettre en œuvre. Geneviève Moreau mentionne qu'en 2010 Roger deBeus et David Kaiser avaient pu aussi réaliser une étude en double aveugle selon un mécanisme astucieux mais en partie critiquable. D'autres tentatives de tester le neurofeedback en double aveugle ont eu lieu, aux résultats équivoques, les expérimentateurs ayant des difficultés à simuler le neurofeedback de façon neutre. Le neurofeedback (mal) simulé se révèle parfois plus efficace que le neurofeedback réel, ce qui en fait alors un piètre placebo. (Voir à ce sujet les études n° 11 et 20 ci-dessous où les groupes supposés placebo ont obtenu des résultats positifs supérieurs ou identiques à ceux des groupes de neurofeedback réel.)